mercredi 31 mars 2010

Quelles nouvelles du Grand Paris ?

Depuis deux jours, vous pouvez accéder sur le site du Sénat au rapport du Président de la Commission spéciale chargée du Grand Paris :

http://www.senat.fr/rap/l09-336/l09-336.html

Dans quelques jours, le temps de digérer un peu le document, je vous livrerais quelques éléments de réflexion.

Pour autant, je voudrais vous inviter à vous approprier la question du Grand Paris. J'ai déjà évoqué les enjeux de ce projet dans des billets précédents et je pense qu'à Saint-Denis, peut-être plus qu'ailleurs, nous devons nous emparer de ce projet pour éviter que certaines forces centrifuges poursuivent leurs actions.

dimanche 21 mars 2010

Quoi de neuf à Aubervilliers ?

Une lecture que je vous recommande : l'article du Parisien de samedi 20 mars sur la clinique de la roseraie.

En effet, cet article relate l'issue et les dessous du projet d'extension de cette clinique. Il est clair et synthétique, identifie les acteurs en présence et relate, à grands traits, les rivalités sous-tendant le drame survenu. Bref, sans le paraphraser et de façon encore plus synthétique : la clinique a été rachetée en 2005 par des investisseurs italiens qui voulaient la reconstruire près de Saint-Denis, au nord-ouest d'Aubervilliers (le site actuel étant au sud-est de la ville), plus grande, plus moderne, ce qui a déclenché le courroux des autres acteurs publics et privés hospitaliers locaux, tout en plongeant, très accessoirement, nos élus locaux dans l'embarras... Flûte !

Résultat des courses : la clinique va se reconstuire sur son site actuel vraisemblablement dans le cadre d'une opération tiroir (les bâtiments sont fermés successivement avec la mise en service des nouveaux, l'activité du site étant maintenue). Je ne les vois pas stopper toute activité ou la transférer.

Alors, pourquoi je vous en parle ? Tout simplement, parce que je défends le concept d'un tropisme géographique liant emplois et territoires, qui va à l'opposée de la stratégie de nos élus locaux avec "la Petite Défense".

Selon moi, il est nécessaire de créer un affect entre une entreprise (ou une institution médicale en l'occurrence) et le territoire sur lequel elle prospère. Je suis auvergnat : pensez-vous que ce soit un hasard que la direction de Michelin, numéro un mondial du pneumatique continue à maintenir son centre de commandement et de recherche dans la capitale auvergnate, son berceau ? Bien sûr que non ! Si Clermont-Ferrand est la seule grande ville de province à accueillir le siège social d'une des entreprises du CAC 40, c'est uniquement par les liens affectifs qui unissent les dirigeants de l'entreprise avec l'Auvergne ! L'exemple est le même avec les patrons nordistes qui résistent à l'influence parisienne et continuent à rester à Lille. Martine AUBRY entretient d'ailleurs de très bonnes relations avec le patronat local et les travaux des élus et des patrons ont permis de maintenir le dynamisme du Nord.

Chez nous, le problème est que la "Petite Défense" n'est qu'un parc de m² à commercialiser. Attirer des services aux entreprises, comme le fait Patrick BRAOUEZEC, ne changera rien à cette situation. Il faut redéfinir une vraie stratégie d'aménagement du territoire, de production de nos villes et, plus particulièrement, de notre ville.

Le mot de la fin, c'est Jacques SALVADOR, le maire d'Aubervilliers, qui conclut l'article en disant qu'au fond, le maintien de la Clinique sur son site central lui convient mieux. Jacques, tu as mille fois raisons ! La place de la clinique est d'être au coeur de la cité ! Cessons de commercialiser du m² et produisons, enfin, de la cité.

vendredi 19 mars 2010

Hôtel, vous avez dit hôtel...

Connaissez-vous le Mipim ?

C'est un grand salon professionnel qui se tient chaque année à Cannes et réunit les acteurs du monde de l'immobilier. A ce stade, je préfère vous annoncer la couleur : on n'y parle pas de logements sociaux ! Les professionnels que l'on y croise sont les représentants de grands groupes de BTP, de célèbres architectes, des fonds de pensions et autres fonds d'investissements de pays exotiques ou de filiales de grandes banques. Bref, il s'agit de mettre en relation des investisseurs (ceux qui ont l'argent) et des promoteurs (ceux qui ont projet). Mais alors, que diable peut bien faire Patrick BRAOUEZEC dans ce temple du capitalisme ?

Tout simplement, il y joue les VRP de luxe, afin de promouvoir la "Petite Défense". Tout ceux d'entre nous qui prennent régulièrement le RER D ou le transilien H constatent l'avancée des travaux sur la ZAC du Landy, le territoire situé entre l'A86 au Nord, les immeubles de Générali (entre autres) au Sud, les voies férrés à l'Ouest et l'A1 à l'Est. Des immeubles de bureaux, des studios de télévision et un hôtel doivent voir le jour.

Seulement, dans cette belle ordonnance, il y a un hic. Patrick BRAOUEZEC lui-même le dit dans l'article du Parisien du mercredi 17 mars, il a un exploitant, mais pas d'investisseur prêt à débourser l'argent nécessaire pour construire cet hôtel. Souvenez-vous des trois tours qui s'élevaient le long de l'A86 à la une de "En commun", le mensuel de Plaine Commune, il y a deux ans.

Pour poursuivre cet objectif, il faut trouver beaucoup de capitaux, car le projet se chiffre en centaines de millions d'euros. A titre d'exemple, n'ayant pas trouvé d'investisseur, Jean NOUVEL, le célèbre architecte, a été obligé de mettre en sommeil son projet localisé à La Défense, la Tour Signal. Patrick BRAOUEZEC fera-t-il mieux ? Draguera-t-il mieux que l'a fait Jean NOUVEL tous ces requins de la finance ?

Pour ma part, je pense que Patrick BRAOUEZEC est condamné à s'entendre avec des investisseurs, quels qu'ils soient (une filiale exotique d'une banque européenne ?!?), s'il veut continuer à rendre attractive la "Petite Défense" et essayer de la sortir de cette spirale du discount qui la menace.

En réalité, la "Petite Défense" souffre d'une maladie génétique : c'est une "marge" et si j'osais, je dirais même une "marche", c'est-à-dire un territoire périphérique par rapport à un centre qui envoie les impulsions et organise à son profit ce territoire. Comme je l'écrivais, en louant à 185 €/m²/ an ses bureaux à Saint-Denis, Publicis réalise une belle opération financière, en plus de l'opération immobilière. Cependant, son siège social ne sera jamais installé à Saint-Denis et restera sur les Champs-Elysées. Question de prestige !

Si des taxes accompagnent ces implantations, il n'en reste pas moins qu'il n'y a aucune garantie que ces entreprises restent. Il faut donc amener les services (services hôteliers en l'occurrence) dont elles ont besoin pour les inciter à conserver leurs installations. Pas gagné !

Un autre dossier important pour la pérennité de cette zone de bureaux, sera la décision de Veolia d'implanter son siège social, peut-être à Saint-Denis/Aubervilliers près de la future piscine olympique. Le groupe rendra sa décision avant l'été. Celle-ci est importante à tout point de vue, notamment parce qu'elle permettrait de boucler le financement de cet équipement sportif de rayonnement national.

En décidant d'orienter La Plaine vers les activités de bureaux, les élus locaux se sont lancés dans une dynamique qui les dépassent et qui a servi de révélateur aux dysfonctionnement de notre territoire. La problématique de l'insécurité en est l'un des points les plus criants. Le développement économique et les choix opérés par les hommes politiques permettent de mieux comprendre la pensée de ceux-ci et les compromis qu'ils sont prêts à passer avec leurs fondamentaux idéologiques. Pour ceux qui succéderont en 2014 aux hommes politiques actuels, la "Petite Défense" et la définition de nouvelles orientations sera un des points importants de leur agenda.

samedi 6 mars 2010

Ô joie ! Ô bonheur !

Aujourd'hui est un grand jour ! Je suis monté dans le nouveau train du constructeur Bombardier, le Francilien.

Un RER manqué et l'attente qui a suivi m'a permis de satisfaire à ma curiosité. J'attendais depuis décembre le moment d'emprunter le Francilien.

De la nouveauté, de l'espace, de la sécurité... Un petit bijoux dont on peut être fier ! Le matériel de Bombardier est basé sur une architecture boa, c'est-à-dire un train sans étage, sans séparation.

Rappelons que l'ensemble de la ligne H du transilien doit être rééquipé avec ce matériel d'ici à l'été 2012. Depuis son entrée en service le 14 décembre et jusqu'en juin 2010, un total de 6 exemplaires sera mis en service en dehors des heures de pointe. Après, le rythme de livraison deviendra soutenu avec plus d'une vingtaine de rames en service d'ici fin 2010.

L'arrivée de ce matériel va permettre à chacun de dissocier le RER du Transilien à la gare de Saint-Denis. Certains d'entre nous ont du mal à faire la différence et l'emploi de matériels identiques sur les deux lignes (Z 20500) ne facilitent pas forcément cette distinction, en dépit des quais différents.

A propos des quais, un reproche : l'accessibilité. Les Franciliens sont plus hauts que nos quais, il va devenir urgent dans les deux ans à venir de mettre à niveau les quais de la Gare de Saint-Denis accueillant les Franciliens, si l'on veut permettre aux handicapés, voire aux parents avec poussette (j'en fais partie !) de les utiliser pleinement. Au-delà, c'est toute la gare qu'il faudra rénover pour la mettre en accessibilité et trouver une solution à l'étroit boyau qui sert à desservir les quais. Ceci fait partie du projet de ZAC Gare-Confluence, qui prévoit notamment de créer un parvis à l'Ouest et de restructurer le parvis Est de la Gare en lien avec l'arrivée du T8 et la passerelle franchissant le canal. L'horizon de tout cela est 2014 !

Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu'en janvier 2014, le cadencement des RER D passera de 8 trains par heure à 12 trains par heure. Encore une amélioration.

Si tout se passe bien, ce sur quoi nous devrons rester vigilants, la modernisation du pôle multimodal de la gare et de sa desserte sera un facteur sensible d'attractivité pour la ville et le quartier de la gare. Néanmoins, ne nous voilons pas la face : ce qui est aussi un facteur d'attractivité pour nous l'est pour des gens beaucoup moins recommendables, ainsi que les habitants du quartier en font l'expérience. L'ensemble des projets de requalification doit répondre au besoin des habitants et ne pas seulement satisfaire aux visions de certains démiurges locaux.

lundi 1 mars 2010

Pardieu ! Du beau !

L'Etat a racheté au début de l'année 2010 l'ancien siège de l'Humanité, construit par le célèbre architecte brésilien Oscar Niemeyer. Cet immeuble est inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques et développe environ 7000 m² de surface.

J'en profite pour ouvrir une parenthèse, afin de vous inciter à vous rendre sur le site de l'INA pour visualiser le reportage que France 3 avait fait en 1989 sur la construction du bâtiment : l'immeuble tutoie la Basilique dans un face-à-face splendide, sans la présence des "merveilles" architecturales qui l'encadrent aujourd'hui.

Nos élus se sont exprimés en long, en large et en travers sur le fait que ce serait là une formidable opportunité pour installer les services de l'Etat, en particulier la sous-préfecture. Ils ont d'ailleurs vendu avec succès cette idée à l'Etat qui l'a reprise à son compte.

Grave erreur ! Au moment où des dizaines de milliers de mètres carrés sont actuellement inoccupés et que les bailleurs soldent ces surfaces (cf. mon post précédent), l'Etat ferait mieux de se comporter en investisseur avisé et négocier des baux avantageux dans des immeubles modernes.

Quant à l'ancien siège de l'Humanité, il mériterait d'être confié à une institution publique comme le Centre National des Arts Plastiques (CNAP), situé à La Défense. Ce serait là un bel hommage rendu à l'oeuvre de Niemeyer. Je le dis d'autant plus volontiers que le Président de la République évoque dans la revue "Architecture Aujourd'hui" le projet du Grand Paris et le souci de rééquilibrer les rapports entre Paris et la banlieue. Pour ma part, c'est une ambition que je partage.