Avec 27 377 votants sur 63 901 inscrits, la participation au premier tour des élections municipales de mars 2026 est dans la fourchette de ce que l’on pouvait attendre (c’est-à-dire autour de 40 %). La liste conduite par Bally BAGAYOKO a défié tous les modèles statistiques en l’emportant dès le premier tour, récoltant 13 506 voix, soit 50,77 % des votants exprimés. La liste conduite par Mathieu HANOTIN, maire sortant, a obtenue 8 698 voix, soit 32,7 %. Le cumul de ces deux listes, en valeur relative, est conforme aux modélisations. D'ailleurs, les autres listes (5 en tout) se sont partagés le reliquat des votants et ont réalisé des scores faibles, ne passant pas la barre des 5 %, à l’exception de Révolution Permanente avec 7,12 % des votes qui pourra ainsi siéger au Conseil municipal.
Le score des petites listes étaient assez prévisibles et les hypothèses modélisées ne prévoyaient pas qu’elles soient en mesure de passer la barre des 10 % et se maintenir pour un second tour. Aussi, et vous l’aurez compris, la surprise est venue de la liste conduite par Bally BAGAYOKO qui a réalisé un score jamais vu pour une liste de La France Insoumise (LFI) à Saint-Denis ou même une liste PCF (sauf pour ce dernier parti à remonter à "une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas se souvenir").
En conséquence, Bally BAGAYOKO mérite le triomphe que lui ont donné ses supporters dans la mairie de Saint-Denis hier soir. L’espoir lui a en fait permis de déplacer des montagnes, en obtenant un score que les bolos qui lui ont servi de mentors dans les années 2000, n’ont jamais obtenu et n’auraient sans doute jamais cru possible. Il peut savourer sa victoire.
Comment l’expliquer ? Indéniablement, il est allé chercher avec les dents les électeurs, ne se contentant pas des scores LFI et PCF aux précédentes élections, et a su capitaliser sur son image d'enfant de Saint-Denis et d'Afrique (je vous renvoie à mon analyse faite déjà à l'époque en 2019 : J'habite à Saint-Denis: Elections municipales de 2020 à Saint-Denis : un enfant d'Afrique pour maire !). Néanmoins, une analyse plus fine sera nécessaire pour mieux comprendre les dynamiques à l’échelle de chaque quartier de la ville qui ont eu lieu au cours de cette élection qui fait de Saint-Denis la première ville d’importance prise à l’échelle nationale par La France Insoumise.
Et maintenant ? Pour Bally BAGAYOKO, tout commence. Le premier des Dionysiens devra faire faire à d’immenses défis auxquels tous ses prédécesseurs ont été confrontés, auxquels s’ajoute désormais la crise économique qui vient (provoquée par les politiques ultralibérales des gouvernements en place et accélérée par l’attaque israélo-américaine sur l’Iran) et la fin de l'argent public. Bon courage à lui et que le Trés-Haut lui vienne en aide. Il en aura sacrément besoin...